L’intelligence artificielle (IA) n’est plus un concept futuriste dans la logistique : elle est devenue une force de transformation qui redéfinit la manière dont les marchandises sont déplacées, stockées et livrées. De la maintenance prédictive aux robots autonomes, l’IA stimule l’efficacité, la flexibilité et une prise de décision plus intelligente tout au long de la chaîne d’approvisionnement. Dans une série d’entretiens réalisés lors de Logiconomi 2025, nous avons échangé avec des dirigeants de Toyota Material Handling Europe, Gideon, Microsoft et Vanderlande afin de comprendre comment l’IA est adoptée et vers quoi elle se dirige.
Josip Cesic, CEO de Gideon, observe un changement significatif dans la courbe d’adoption. « Il y a seulement quelques années, l’automatisation était le domaine des pionniers, des entreprises qui introduisent un nouveau produit, un service ou une nouvelle technologie sur le marché. Aujourd’hui, nous voyons les suiveurs rapides rattraper leur retard. Ce sont des entreprises qui entrent plus tard sur le marché, mais qui adoptent et améliorent rapidement les innovations introduites par les pionniers. Les clients viennent vers nous en sachant exactement ce dont ils ont besoin. Il ne s’agit plus de les former, mais de leur fournir des solutions. »
Cette maturité permet des applications de l’IA plus ciblées et évolutives, notamment dans des domaines comme le chargement et le déchargement de remorques, où des robots pilotés par l’IA résolvent désormais des problèmes jusque-là hors de portée.
Josip souligne également la manière dont l’IA amplifie les capacités humaines. « Historiquement, un cariste gérait un seul chariot. Aujourd’hui, une seule personne peut superviser une flotte de cinq à dix robots autonomes. C’est un gain d’efficacité considérable rendu possible par l’IA. »
Malgré ses promesses, l’adoption de l’IA dans la logistique se heurte encore à des difficultés. Ygal Levy, EMEA Manufacturing Director chez Microsoft, met en avant des défis structurels: « Le secteur souffre de silos de données, de systèmes hérités et d’interfaces utilisateurs lourdes, mais l’IA a le potentiel de répondre à des problématiques clés comme la précision des prévisions, l’optimisation des itinéraires et le déficit de compétences des collaborateurs. »
Ygal identifie trois domaines clés dans lesquels l’IA crée de la valeur : la planification, la gestion et l’expérience client.
Susanne Schouten, Solution Manager Warehousing chez Vanderlande, met en avant le rôle de l’IA dans l’adaptation au changement. « Le grand facteur de rupture est l’augmentation de la flexibilité et de la rapidité. Grâce aux modèles prédictifs, il est possible de mieux gérer les stocks, d’optimiser les itinéraires de préparation de commandes et de répondre à la volatilité des marchés. »
Susanne note également que, si les robots mobiles autonomes deviennent courants, l’orchestration complète de bout en bout des processus logistiques reste encore en phase d’émergence. Bien que toujours en évolution, le domaine progresse rapidement. « Nous expérimentons la connexion de modèles de données, mais ce n’est encore qu’un début. »
Les quatre experts ont partagé des exemples d’entreprises qui intègrent l’IA avec succès.
Logiconomi est une plateforme de communication créée par Toyota Material Handling Europe afin d’identifier et de comprendre les défis, les tendances et les technologies émergentes du secteur de la logistique. Son objectif est d’accompagner l’ensemble des acteurs de la logistique en leur apportant des analyses et des sources d’inspiration pour améliorer leurs opérations.
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